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Programme
de justice communautaire et de justice pour les adolescents de Marathon
et de Manitouwadge : Aperçu
Le Programme de justice communautaire et de
justice pour les adolescents offre une solution de rechange aux
instances judiciaires formelles pour les auteurs d’une
première infraction mineure et sans violence. Les
principales conditions préalables à
l’accès au Programme sont que le contrevenant
déclare qu’il est disposé à
répondre de ses actes et que la victime accepte de
participer au Programme. Le contrevenant, la victime, ses personnes
accompagnantes et un bénévole formé en
médiation assistent à la réunion.
Le 1er avril 2003, la Loi sur le système de
justice pénale pour les adolescents est
entrée en vigueur et a supplanté la Loi sur les jeunes contrevenants.
Les programmes de déjudiciarisation constituent une des
principales composantes de la nouvelle loi.
La réunion dite
« de rendu de la justice »,
présidée par des facilitateurs du Programme (qui
sont tous des bénévoles issus de la
collectivité) est la cheville ouvrière du
Programme. Une réunion de rendu de la justice
réunit, dans un milieu sûr, la victime, ses
personnes accompagnantes, le contrevenant, ses personnes accompagnantes
et un facilitateur formé à cette fin dans le but
de discuter de l’infraction et de déterminer
s’il est possible d’arriver à une
solution qui rétablira l’harmonie dans la
collectivité.
L’interaction entre les parties
est au cœur du Programme. Le contrevenant s’exprime
le premier et admet ses torts. Cette étape exige du
doigté de la part du facilitateur, puisque le contrevenant
peut être réticent à parler
à cœur ouvert devant d’autres.
C’est ensuite au tour de la victime de prendre la parole.
Cette étape est habituellement très importante
pour la victime, puisqu’il s’agit souvent de la
première fois qu’elle décrit les effets
de l’infraction sur elle. Le contrevenant prend ainsi
conscience des répercussions de son comportement
délictueux et des effets qu’il a eus sur la vie
d’autrui.
Cela fait, les personnes qui accompagnent la
victime sont invitées à parler plus en profondeur
des préjudices causés par
l’infraction : ce moment est souvent celui qui
amorce une véritable réflexion chez le
contrevenant quant à l’ampleur des
répercussions de ses actes sur les membres de la
société.
Enfin, les personnes qui accompagnent le
contrevenant sont invitées à
s’exprimer; elles sont souvent aussi
ébranlées que la victime. Selon la
théorie, le contrevenant commencera à
éprouver du remord et ne souhaitera plus agir
d’une façon contraire à ce que la
société estime acceptable. La facilitation a pour
but de conscientiser le contrevenant et de permettre à la
victime de confronter l’agresseur en toute
sécurité et de clore le chapitre une fois pour
toute.
On demande ensuite au groupe de
suggérer des façons de redresser la situation. Un
contrat est rédigé à la
lumière des suggestions recueillies. Le contrevenant doit se
conformer aux obligations du contrat et rendre compte de ses
progrès à la coordonnatrice du Programme. Dans le
cadre du redressement, l’adolescent doit présenter
des excuses à sa victime et se soumettre à des
conditions qui peuvent comprendre le versement d’un don
à un organisme de bienfaisance, le dédommagement,
du travail communautaire , des couvre-feux et la participation
à des programmes communautaires.
Le Comité de justice pour la
jeunesse a embauché Isobel Nobel à titre de
coordonnatrice et un bureau a été
aménagé dans l’édifice
Nursery School, sur la route Ski Hill, à Manitouwadge. Pour
obtenir des renseignements sur le Programme ou pour vous porter
volontaire, veuillez communiquer avec Isobel, au 807 826-3515
Programme
de justice communautaire et de justice pour les adolescents de Marathon
et de Manitouwadge - Historique
En septembre 2001, la Police provinciale de
l’Ontario a rencontré un groupe de
bénévoles de la collectivité afin de
jeter les fondations du Programme de justice communautaire et de
justice pour les adolescents de Marathon et de Manitouwadge.
En septembre 2002, une demande de
financement a été présentée
au ministère du Procureur général. En
janvier 2003, la demande a été
acceptée et le Programme est devenu un Comité de
justice pour la jeunesse officiel.
De la formation pour les facilitateurs a
été offerte en mai 2002, puis en novembre de la
même année. À l’heure
actuelle, on compte 9 bénévoles formés
qui participent activement au processus – 4 à
Manitouwadge, 5 à Marathon.
Le Comité se réunit
une fois par mois et est dirigé par 7
administrateurs :
Président - David Giuliano
Vice-président - Randy Barnes
Secrétaire - Harold Griggs
Trésorier - Bill Harris
Don Dionne
Val Biggs
Gerry Courtemanche
Le Comité planifie une
séance de formation pour les nouveaux facilitateurs en
automne et un cours de recyclage d’un après-midi
pour les facilitateurs déjà formés.
Pour de plus amples renseignements sur ces
formations, veuillez communiquer avec Isobel Noble au 807 826-3515
Le
Comité de justice pour la jeunesse de Marathon-Manitouwadge
Toute mesure prise doit faire intervenir le
contrevenant, les victimes et les parents
Traduction libre d’un article de
Debbie Sauve
The
Marathon Mercury – Le 15 avril 2003
Un budget modeste, une
indéfectible volonté d’aider son
prochain et un profond souci du bien-être de la
collectivité, voilà les fondations du
Comité de justice pour la jeunesse, qui offre maintenant ses
services à deux petites collectivités du nord de
l’Ontario.
« Je suis très
satisfait de notre programme à Marathon ainsi que de ses
progrès, déclare David Giuliano,
président du Comité de justice pour la jeunesse
de Marathon-Manitouwadge. Notre collectivité est
extrêmement déterminée et je crois
vraiment que sa petite taille joue en sa faveur. »
M. Giuliano est un
bénévole dynamique qui a consacré
d’innombrables heures à
l’épanouissement de la collectivité de
Marathon. C’est indubitablement pourquoi la Police
provinciale de l’Ontario l’a choisi pour diriger le
Programme. Le Comité de justice communautaire viendra
s’ajouter à la liste déjà
longue de ses réalisations altruistes.
Des représentants de Marathon et de Manitouwadge, y compris
M. Giuliano, se réunissent périodiquement depuis
septembre 2001 afin de mettre sur pied un programme de
déjudiciarisation pour la collectivité et pour
les jeunes. Les deux collectivités travaillent en
collaboration sur ce programme qui les sert toutes les deux. Les
réunions se tiennent d’ailleurs dans les deux
collectivités, sur une base rotative.
Le Comité s’apparente
aux Comités de justice pour la jeunesse qui existent
ailleurs en Ontario. Le programme de Marathon et de Manitouwadge se
démarque toutefois par le fait qu’il est
accessible tant aux adultes qu’aux adolescents.
« Nous ne nous limitons
pas aux seuls jeunes contrevenants, explique M. Giuliano.
Après tout, le principe fondamental de la justice
réparatrice est indépendant de
l’âge du contrevenant. »
Le Comité de justice
réparatrice a été formé
à l’initiative du détachement de la
Police provinciale de l’Ontario de Marathon-Manitouwadge. Le
Comité œuvre maintenant de façon
autonome, mais continue de jouir de l’appui de la Police
provinciale.
Deux représentants de la Police
provinciale de l’Ontario siègent
d’ailleurs au Comité. Les autres membres sont tous
des membres de la collectivité et tout citoyen peut
participer. « Nous invitons tout le monde
à nous aider et à nous consacrer de son
temps », ajoute Giuliano.
Avant la mi-décembre, le Comité
n’était composé que de
bénévoles. Les membres consacraient environ huit
heures par mois au projet. Par souci d’économie,
ils se servaient largement d’Internet pour leurs
communications et comptaient sur la Police provinciale pour le
classement et les autres fonctions administratives.
Au début de décembre, le Procureur
général de l’Ontario a
accordé un financement de 40 000 $ au Programme,
à l’appui du volet du Comité de justice
pour la jeunesse. De cette somme, 15 000 $ servira au fonctionnement
annuel du Comité; le reste – soit 25 000 $
– est destiné au démarrage. Le
Comité espère qu’une gestion prudente
du budget lui permettra d’exécuter non seulement
le volet de justice pour les adolescents mais aussi le Programme de
justice réparatrice. Il projette aussi d’embaucher
un coordonnateur qui s’occupera des aspects administratifs du
Programme.
Ce financement s’inscrit dans
l’engagement pris par le gouvernement de l’Ontario,
dans son budget de mai 2000, de tripler le nombre de Comités
de justice pour la jeunesse en Ontario, soit de faire passer leur
nombre de six à dix-huit. Le budget de mai 2000
réservait 500 000 $ par année à cette
expansion.
Depuis que les comités ont vu le jour à
Marathon-Manitouwadge, il y a environ un an, ils ont
été saisis de 15 dossiers. Parmi les infractions
admissibles au renvoi devant les comités figurent le vol ou
la possession de marchandises volées d’une valeur
inférieure à 5 000 $, les allégations
mensongères d’une valeur inférieure
à 5 000 $, les méfaits d’une valeur
inférieure à 5 000 $, troubler l’ordre
public, la fraude d’une valeur inférieure
à 5 000 $ et l’obtention frauduleuse
d’aliments ou de logement.
« Les infractions admissibles sont des infractions
mineures », dit-il.
Une fois que le contrevenant a
été aiguillé vers le Programme, il
doit réaliser différentes tâches,
établies dans le cadre du Programme, pour que les
accusations portées contre lui soient retirée par
le procureur de la Couronne.
En règle générale, une fois que le
contrevenant a été inculpé et a
été renvoyé devant le
Comité, il doit d’abord admettre sa
culpabilité. Si le contrevenant s’acquitte de
cette obligation et si la victime y consent, les deux parties se
rencontrent en présence de membres du Comité pour
négocier une résolution.
« Nous ne traitons
aucunement de la question de la culpabilité, explique M.
Giuliano. Ne se présentent devant nous que les personnes qui
sont prêtes à faire leur mea
culpa. »
Un facilitateur formé à cet effet
s’occupe ensuite de mener le processus à bien, ce
qui comprend solliciter l’apport des membres de la famille et
de la collectivité. Dans un premier temps, le contrevenant
admet sa culpabilité à sa victime. Ensuite, la
victime se voit offrir l’occasion d’expliquer les
effets que l’infraction a eus sur elle.
Les conséquences ou les mesures
imposées doivent être satisfaisantes pour la
victime et exécutées dans le délai
prescrit, faute de quoi le contrevenant est renvoyé au
système judiciaire formel.
Les mesures tiennent compte des circonstances particulières
de l’infraction et du contrevenant, et sont
établies de concert avec le contrevenant, ses parents et ses
victimes. Elles peuvent comprendre du travail communautaire, des
couvre-feux, le dédommagement de la victime et de la
collectivité, la participation à des programmes
de counseling, la ratification par le contrevenant d’une
entente de cessation de certaines fréquentations, la
suspension volontaire de privilèges, tels que le permis de
conduire, et des heures d’école
prolongées, sous réserve de
l’approbation de l’établissement
d’enseignement.
« Ce que nous tentons d’accomplir est de
rétablir l’équilibre social qui a
été mis à mal par le
contrevenant », explique M. Giuliano.
M. Giuliano ajoute que le Programme est bénéfique
sur plusieurs plans. Ainsi, comparativement au système
judicaire formel, il est plus économique, le taux de
satisfaction des victimes est plus élevé, la
probabilité de récidive est moindre et les
conséquences convenues entre le contrevenant et la victime
sont plus sévères.
« La justice réparatrice n’est pas une
dérobade, dit-il. Elle va bien au-delà de la
simple réprimande, puisque le contrevenant confie son sort
à sa victime. Le fait de se voir mettre son comportement
fautif sous le nez est, si l’on veut, une forme
d’humiliation constructive. Une des difficultés
constatées dans les grandes collectivités
relativement au processus des Comités de justice pour la
jeunesse est que les victimes refusent de participer.
M. Giuliano cite comme exemple les propriétaires de
magasin : ils sont souvent victimes de vol à
l’étalage plusieurs fois par semaine, mais
n’ont tout simplement pas le temps de collaborer avec ce type
de comité.
« Étant une petite
collectivité, nous avons certains avantages : nos
détaillants et les autres membres de la
collectivité sont davantage disposés à
prendre part au processus, et le nombre de dossiers est beaucoup plus
facile à gérer que dans les grandes
agglomérations, telles que Toronto »,
explique-t-il.
M. Giuliano estime que l’expansion de ce programme aux
petites et grandes collectivités de partout en Ontario est
une bonne solution de rechange au système judiciaire formel.
« Le système judiciaire ne rend pas la
justice en tenant compte de toutes les personnes touchées.
C’est pourquoi la justice réparatrice est si
importante. La collectivité peut retrousser ses manches et
décider d’un redressement qui déborde
de la compétence des tribunaux »,
conclue-t-il.
M. Giuliano planifie continuer à œuvrer
à l’appui de l’harmonie de la
collectivité.
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